Viol : le club des jeunes filles leaders de Guinée plaide pour la prise en charge des victimes

La mobilisation est générale contre le viol. La pratique est légion ces derniers temps à tel point que les acteurs impliqués dans le combat ont décidé de briser le silence. Au cours d’une conférence de presse initiée  à Conakry par le Club des jeunes filles leaders de Guinée, le représentant de la Brigade spéciale de protection des personnes vulnérables a tenu à rappeler quelques « conséquences graves » du viol qui gangrène notre société.
Selon Adjudant chef Bernard Tinguiano, si dans les 72 heures après l’agression, la victime du viol ne bénéficie pas d’une prise en charge médicale adéquate, elle risque de développer certaines pathologies. « Le viol a des conséquences très graves parce que ces personnes qui violent le font dans la précipitation. Cela veut dire qu’ils n’ont pas le temps de se protéger et imaginez si la personne qui viole porte une maladie comme les IST, le VIH/Sida ou les hépatites, il va la transmettre à sa victime. Donc nous aujourd’hui la première lutte qu’on mène c’est de sauver la victime de viol  à travers la prise en charge sanitaire. C’est ce qui est plus important. Donc  72 heures après le viol, si la prise en charge est faite, on peut sauver la victime des infections, par exemple. Mais après les 72 heures, si vraiment il n’y a pas eu de prise en charge médicale, si la personne qui a commis le viol à ces différentes maladies, sa victime sera infectée à son tour », a-t-il expliqué.
Pour sa part, la chargée des affaires extérieures du Club des jeunes filles leaders de Guinée a fait un plaidoyer à l’endroit des autorités du pays. Elle leur demande de prendre à bras le corps le problème du viol qui est devenu récurrent en cette période de crise sanitaire. « Il faut éduquer sexuellement les petites filles mais également les petits garçons parce qu’ils vont à l’école ensemble, ils sont ensemble tout le temps. Et si les deux sont éduqués sexuellement nous pourrons en finir avec les cas de viol. Nous voulons inviter le gouvernement guinéen et les institutions nationales et internationales à faire de la gestion des cas de viol l’une des priorités et aussi accompagner les structures de prévention et de répression. Créer un fonds de prise en charge pour les victimes parce qu’aujourd’hui nous sommes confrontées à cette situation. Quand nous avons des cas de viol nous sommes obligées de prendre nos propres fonds pour subvenir aux premiers soins de la victime. Et si ces fonds sont créés ça nous permettra de soutenir ces filles »,  a plaidé
Foulématou Camara.
Hawa THIAM