Sommet de l’ONU sur le climat : les dirigeants mondiaux attendus au tournant

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Sous la pression des jeunes, plus de 60 dirigeants mondiaux sont invités, lundi, à réitérer leurs engagements sur le climat, lors d’un sommet très attendu de l’ONU, à New York. Les États-Unis et le Brésil seront les grands absents des discussions.

Trois jours après les manifestations mondiales de la jeunesse pour le climat, une soixantaine de dirigeants mondiaux se retrouvent, lundi 23 septembre, à l’ONU, pour un sommet sur “l’urgence climatique” censé revigorer le chancelant accord de Paris. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, espère que des dizaines de leaders annonceront une révision à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre, alors que jamais l’humanité n’en avait rejeté autant dans l’atmosphère.

Moins de la moitié des 136 chefs d’État et de gouvernement qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU ont demandé à participer. Symbole de la jeunesse révoltée, la Suédoise Greta Thunberg a été invitée à prononcer devant les dirigeants un discours très attendu.

Les États-Unis, l’Australie et le Brésil absents

À la tribune, les États-Unis seront les grands absents : Donald Trump sera dans les murs mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion. Le Brésil et l’Australie, dont le Premier ministre conservateur était à la Maison Blanche la semaine dernière, non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

Chaque dirigeant aura trois minutes. L’Indien Narendra Modi, dont le pays est, comme la Chine, fidèle au charbon mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique.

La “neutralité carbone”, un objectif pressant

Un nombre important d’États devraient annoncer leur intention d’être neutres en carbone d’ici 2050, selon Antonio Guterres, c’est-à-dire qu’ils réduiront grandement leurs émissions et compenseront le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but de “neutralité carbone”, considéré si radical en 2015 qu’il avait été exclu du texte de l’accord de Paris, est devenu un point de ralliement pour de plus en plus d’États et de multinationales, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

Un programme ambitieux mais non coercitif

Selon notre correspondante sur place, Céline Bruneau, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, demande également la taxation du carbone et l’arrêt des constructions de centrales au charbon. Un programme ambitieux mais non coercitif : l’ONU ne dispose d’aucun pouvoir sur les États.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU.  La Terre est en moyenne plus chaude de 1° C qu’au XIXe siècle, et le rythme va s’accélérer.

Mais les promesses de lundi n’auront pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un “tremplin” vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020. Selon l’ONU, 75 des 195 pays signataires de l’accord de Paris ont soumis à l’ONU des engagements révisés pour lutter contre le changement climatique. Les États-Unis de Donald Trump n’en font pas partie.

L’Amazonie au coeur des discussions

Dans l’actualité plus brûlante, l’Amazonie sera le sujet d’une réunion organisée par le Chili, la Colombie et la France juste avant le sommet climat lundi matin à 8 h (12 h GMT), avec le lancement prévu d’une initiative pour la protection des forêts tropicales. Le sujet est particulièrement sensible après que le président brésilien Jair Bolsonaro, en conflit ouvert avec Emmanuel Macron, a dénoncé une remise en cause de la souveraineté du Brésil, qui contient la majorité de la forêt amazonienne.

La France rassure : la réunion se fera “dans le respect de la souveraineté de chacun”, selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Les grands discours à l’Assemblée générale de l’ONU commenceront mardi matin, mais les quartiers de New York autour des Nations unies, quadrillés par la police, vibreront dès lundi du vacarme des cortèges officiels, des centaines de rencontres et d’événements étant prévus dans la ville.

 AFP