Réforme des institutions, retraites, nationalisation d’EDF… ce qu’il faut retenir du discours de politique générale d’Elisabeth Bor

Entrée sous les applaudissements des députés de la majorité, la Première ministre veut « parler à la France ». Élisabeth Borne dit mesurer l’ampleur de la tâche, pour rassembler le pays et protéger la planète. « Avec vous, avec tout le gouvernement, avec nos concitoyens, nous réussirons », promet-elle, dans un message d’unité annoncé dès le départ. « Ensemble, nous répondrons à l’écho de l’abstention, le signe d’une démocratie malade » ou encore d’un « désengagement de la jeunesse », dit-elle. « Ensemble », Élisabeth Borne martèle ce terme, répété 25 fois cet après-midi, estimant que les Français ont fait passer un message aux responsables politiques lors des élections législatives.

Une commission pour la refonte des institutions

Élisabeth Borne en arrive vite à la crise économique, liée notamment à la guerre en Ukraine. Pour elle, ce contexte interdit encore davantage le désordre et l’instabilité à l’Assemblée. « Les Français nous demandent de nous parler plus, de nous parler mieux et de construire ensemble. Je veux qu’ensemble nous redonnions un sens au mot compromis depuis trop longtemps oublié dans notre démocratie ».

Le compromis, dit-elle, n’est pas une compromission. Ce n’est pas non plus « renoncer à son identité ». Pour la cheffe du gouvernement, il est temps d’entrer dans l’ère des forces qui bâtissent ensemble. Une majorité relative n’est pas et ne sera pas synonyme d’une action relative, le signe de l’impuissance. » Venue de la gauche, elle assure que des droits restent à garantir. Elle rappelle son temps passé à mener des consultations avec les forces de l’opposition pour tenter de mettre en œuvre une coalition. Faute d’y être parvenue, le gouvernement doit donc se résoudre à chercher des accords textes par texte.

Puis elle en vient à elle. Cette Première ministre, « pupille de la nation », concède ne pas avoir un profil habituel, « cela tombe bien » ironise-t-elle, « le contexte est inédit ». Pour chaque sujet, Élisabeth Borne promet de consulter les forces de l’opposition. Elle se dit prête à entendre les propositions de chacun et à amender si besoin les projets de loi. Avec une première annonce : une commission transpartisane doit être lancée à la rentrée pour travailler à la refonte des institutions.

« Pas de hausse d’impôts »

« Les Français nous attendent, ils n’accepteront ni immobilisme, ni obstruction, ni invectives », prévient-elle. Sous les protestations très bruyantes de plusieurs députés de l’opposition, la Première ministre propose à l’opposition « de bâtir ensemble », notamment sur le pouvoir d’achat, qui fera l’objet d’un projet de loi présenté demain en Conseil des ministres. Élisabeth Borne propose notamment une action limiter les prix des loyers. Elle dit vouloir garantir à tous l’accès à une alimentation saine, vante les mérites de la solidarité à la source pour mettre fin à l’injustice sociale du « non-recours ».

Cette action, dit-elle, devra se faire selon plusieurs principes : la protection de l’environnement ou encore l’équilibre des finances publiques. « Nos objectifs sont clairs, en 2026 nous devrons commencer à réduire la dette. En 2027, nous devrons ramener les déficits sous les 3 % ». Le tout sans hausse d’impôts. Pour les entreprises, elle propose de baisser encore les impôts de production et de supprimer la loi de finances 2023. « La fiscalité est un objet de débat entre nous, elle peut aussi être un sujet de consensus », indique-t-elle.

Élisabeth Borne huée sur la réforme des retraites

Élisabeth Borne rappelle ensuite le bilan économique du premier mandat dans ce domaine. « Nous avons rendu le travail toujours plus incitatif, amélioré et intensifié la formation des demandeurs d’emploi, mieux accompagné les jeunes. » Et se projette vers l’avenir, notamment avec la transformation annoncée de Pôle emploi en France -Travail. Avec un objectif clair : « le plein et le bon » emploi.

Les choses se compliquent lorsqu’Élisabeth Borne est passée à un sujet sensible, le plus sensible sans doute en ce début de quinquennat : la réforme des retraites. « Oui, il nous faudra travailler progressivement un peu plus longtemps ». Les députés de gauche se mettent à huer Élisabeth Borne, obligeant la présidente de l’Assemblée nationale à y aller de son appel au calme. Cette réforme, dit-elle, n’est pas ficelée, « à prendre ou à laisser ». Manière encore une fois de laisser une éventuelle place à la concertation.

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