Les 62 ans d’indépendance du Mali 

62 ans d’indépendance : l’ambiance est à la fête ce jeudi. Et la presse proche des militaires au pouvoir donne le la… 

« Toutes les décisions prises par les autorités actuelles, relativement à la souveraineté du Mali, à la dignité et à l’honneur des Maliens, rencontrent l’assentiment du peuple, s’exclame Aujourd’hui-Mali. Aujourd’hui, le curseur est résolument mis sur la décolonisation totale vis-à-vis de la France, dont la présence sur notre sol se réduit comme peau de chagrin. Et comme du temps de la Guerre froide, poursuit Aujourd’hui Mali, le mot d’ordre est la diversification des partenaires. Ainsi, après avoir dénoncé l’accord militaire entre Bamako et Paris, nos autorités se sont tournées vers la Russie (…). Cette première tentative de partenariat stratégique s’avère payante, estime le journal, car elle a permis à l’armée malienne de reprendre l’initiative sur le terrain en matière de lutte contre le terrorisme, les trafics en tout genre en vue du rétablissement de l’intégrité territoriale, grâce à l’acquisition de matériels et d’équipements militaires de pointe à la hauteur des défis. »

 « Fierté d’être malien », s’exclame pour sa part Le National, autre média malien, qui se veut optimiste : « les astres, cette année, semblent s’aligner, écrit-il, comme pour délivrer un message particulier aux Maliens qui font face avec une admirable fierté combative à de multiples complots fomentés de l’extérieur. »

Le nord du Mali sous la coupe de l’EIGS ?

Reste que malgré les communiqués victorieux de l’armée malienne et les commentaires laudatifs de la presse, la situation militaire dans le nord se dégrade…

Certains médias maliens le reconnaissent, à l’instar du Wagadu : « depuis quelques jours, la situation qui préoccupe plus d’un observateur est celle qui prévaut actuellement à Ménaka et à Gao, où l’État islamique, l’EIGS, multiplie les attaques pour accroître son influence. Sur place, la situation sécuritaire connait une détérioration sans précédent depuis le mois de mars dernier. L’État islamique ne combat pas que les forces armées maliennes (…), note le média malien. Ce groupe est aussi en guerre contre les combattants de certains mouvements impliqués dans le processus de paix, en l’occurrence la Coalition MSA/GATIA, et surtout contre son rival qui n’est autre que le GSIM, affilié à Al-Qaïda. »

Et le Wagadu de poursuivre : « la guerre contre le terrorisme ne peut être gagnée qu’à travers une bonne coopération entre les pays. Nombreux attribuent cette situation aux choix opérationnels pris par les autorités de la Transition actuellement. On sait que celles-ci ont poussé l’opération Barkhane vers la sortie du territoire malien en se tournant vers la Russie (…). De plus, depuis le 15 mai dernier, le Mali s’est retiré de tous les organes du G5 Sahel. »

Alors, s’interroge Le Wagadu, « le Mali paie-t-il les conséquences de ce retrait ? »

Conséquence du retrait de Barkhane ?

Oui, répond en substance Le Monde Afrique : « la fin de l’opération française Barkhane au Mali – actée par la fermeture de la base de Gao, le 15 août, après celle de Ménaka en juin – a permis au groupe djihadiste d’accélérer ses conquêtes. « Dès l’annonce du retrait des forces françaises, les combattants de l’EIGS ont commencé à sortir par centaines pour mener des attaques d’ampleur » », précise le chercheur canadien spécialiste du Nord-Mali, Adam Sandor, interrogé par Le Monde Afrique. « « Si avant, le groupe se repliait rapidement en forêt après avoir commis ses forfaits, il peut désormais occuper les communes ciblées pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours. L’EIGS est en position de suprématie, il ne va pas s’arrêter ». »

Pour Adam Sandor, toujours, « deux scénarios se dessinent : d’un côté, la potentielle résurgence d’un conflit ouvert entre les ex-rebelles indépendantistes et le peu de soldats maliens encore déployés dans le nord ; de l’autre, la légitimation d’Al-Qaïda au Mali. »

Quid des élections de 2024 ?

Alors dans ces conditions, comment organiser les élections générales prévues en février 2024, selon le chronogramme de la Transition ? « Un énorme challenge », s’exclame L’essor à Bamako. « La tenue de scrutins crédibles et transparents, pointe le quotidien malien, reste fortement tributaire d’un contexte sécuritaire favorable. Concilier les impératifs liés au respect des délais de la Transition et les réalités du terrain, notamment la variable sécuritaire, est le défi auquel doivent faire face les autorités maliennes. (…) Le relever est une obligation, conclut L’Essor, car l’avenir du pays en dépend. »

rfi.com

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