Fête de Tabaski : immersion au marché de bétail des prix « inabordables »

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À quelques jours de la célébration de la fête de l’Aïd-el-kébir, communément appelée fête des moutons ou encore fête de tabaski, le prix des denrées de première nécessité a flambé. Le prix du mouton n’est pas épargné. 

Célébrée chaque année par  les fidèles musulmans du monde, cette fête religieuse rappelle la soumission d’Ibrahim à Dieu, lorsque celui-ci lui demande de sacrifier son fils, Ismaël, d’où le sacrifice du mouton. Pour ce devoir religieux, le  constat est alarmant au niveau du marché de bétail, le prix d’un mouton se discute entre huit cents mille à deux millions, selon la taille. Face à cette situation,  les citoyens se savent à quel saint  se vouer.

Rencontré ce jeudi 15 juillet 2021, au quartier Aviation, plus précisément à la base militaire, dans la commune de Matoto, Mamadou Aliou BAH, vendeur de mouton nous explique  leurs mésaventures liées au commerce de bétail notamment, à la.veille  de la  fête de tabaski.

« En ce moment, le mouton malien se discute entre 1.500.000frg, 2.000.000frg et 2.500.000frg, ainsi de suite.  Quant aux moutons du pays, on les vend à partir de 800.000frg jusqu’ à 2.000.000 de nos francs. Mais ce qui nous fatigue dans ce commerce, c’est la monnaie guinéenne et l’état de nos routes franchement. 5.000fcfa s’échangent à 71 000frg. Si tu veux avoir des moutons de taille, il te faut aller au Mali-Bamako, et pour ce faire, il faut faire la monnaie, et après transférer l’argent plus les frais. En ce qui concerne le transport, un camion remorque se négocie entre 18.000.000 à 20.000.000frg, sans oublier le prix du dédouanement. Et, pour couronner le tout, à chaque barrage érigé sur le trajet, on doit payer au minimum 100.000frg ».

Le cas des éleveurs 

« Les éleveurs d’ici  qui ne viennent pas dans les marchés hebdomadaires revendent leurs moutons à ceux du marché hebdomadaire, ceux-ci te diront qu’ils ne sont pas prêts de vendre leurs béliers à un prix qui ne les rapporte même pas un sac de riz et trouver quelque chose pour les petits. Et là, on est obligé d’acheter avec eux à des prix exorbitants parce qu’avec le sac à dos plein d’argent, on ne peut pas aller dans la brousse à la recherche des bêtes,  et si vous vous mettez d’accord sur le prix, ils nous donnent les animaux, plus leurs papiers, puis, à notre tour de fournir le laisser passer des bêtes. Au cours du voyage, il faut débarquer les animaux pour qu’ils puissent brouter et boire, pour ça, il faut l’aide de quelqu’un et ce service ne sera pas gratuit », a-t-il indiqué. 

Avant d’ajouter, évoquant les problèmes auxquels ils sont confrontés: «  Après tous ces problèmes liés à l’achat et au transport des bêtes, quand on arrive à Conakry, pour débarquer ces animaux il y a un prie pour cela, il faut trouver là où les bettes doivent être attachées, et là aussi il y a un prix, sans compter le prix du pneu qui sert à lier la corde des animaux. Le chef de lieu, c’est-à-dire, chef du marché des animaux est aussi à payer qui vaut 10.000frg par tête. Cette année, la commune nous a envoyé une sorte de police pour superviser tous les camions qui stationnent avec des bêtes, et là aussi, l’autorité communale reçoit par tête 5.000frg. ce sont les problèmes auxquels nous sommes confrontés ».

Appel à l’État…

« On a appris que cette fois-ci, l’Etat a décidé d’envoyer des moutons moins chers pour la population. Donc, voilà un peu ce qui fait la cherté du prix du mouton à la veille de la fête. C’est aussi pour vous dire que ce qui se passe ne nous fait pas du tout plaisir mais c’est compte tenu de la conjoncture et situation du pays. On est tenu obligé de retourner la dépense faite. Je demande à l’état de s’impliquer pour le bonheur de tous » a expliqué  Mamadou Aliou BAH, vendeur de mouton

Hawa THIAM

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