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Guinée
ven, 16 avril, 2021

Des professionnels des médias outillés en droits de la santé sexuelle et reproductive (DSSR)

La loi N°10 du 10 juillet 2000 portant sur la santé de la reproduction interdit l’avortement en Guinée et fait exception des cas de viol, d’inceste ou de complications. C’est dans ce cadre que le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) a organisé ce jeudi 25 mars un forum national des hommes et femmes des médias en droits de la santé sexuelle et reproductive (DSSR) avec pour  thème « l’avortement clandestin ».

Selon les spécialistes, l’avortement clandestin a pris de l’ampleur ces derniers temps dans la cité. Alors que la pratique est interdite, à quelques exceptions près, les autorités peinent encore à appliquer la  loi sur le terrain. D’où la nécessité pour le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) de sensibiliser pour inverser la tendance.

« Les objectifs de ce forum s’inscrivent en droite ligne du souci des jeunesses africaines, de sensibiliser et de développer les visibilités des pouvoirs publics sur leurs engagements internationaux concernant un sujet très sensible relatif au droit des femmes et des jeunes filles à la santé, droit au contrôle des fonctions de reproduction. Donc, nous avons décidé de mobiliser les hommes et les femmes de médias pour essayer de leur présenter les enjeux et défis liés au respect de ces droits. C’est une action de plaidoyer qui va commencer au terme de ce forum vers les pouvoirs publics pour qu’on crée des conditions de transposition de certains thèmes de Maputo dans la législation guinéenne qui prend en compte les conditions spécifiques qui s’étendent sur l’avortement sécurisé et non sécurisé » , a indiqué l’initiateur du forum,  CONTE Moussa Ibn.

Une explication soutenue par le coordinateur du  REMAPSEN, qui souligne que ce forum sollicite du Gouvernement de faire face à la promesse tenue lors du protocole de Maputo devant les hommes de médias. Présent à ce forum, l’expert en communication insiste sur le rôle des médias dans de telles situations. «Vous savez que les médias constituent aujourd’hui un outil incontournable dans la vie de nos sociétés et dans tous les secteurs d’activités. Ce sont des influenceurs. Donc si on parle du protocole de Maputo dans le cadre de la santé de la reproduction et des droits de la femme, c’est parce que la Guinée l’a ratifié et donc il faut l’appliquer dans toute sa mesure notamment au niveau de l’article 14 pour que les femmes puissent avoir accès à la planification familiale, qu’elles soient protégées, que les jeunes filles, les adultes et tout le monde s’impliquent vraiment, pour que la femme retrouve sa place normale dans la société au même titre que les hommes », a-t-il indiqué.

Le représentant du Ministère de la Citoyenneté et de l’Unité nationale a, au nom de son Département, félicité et encouragé les initiateurs de ce forum. « Le thème que vous débattez ce matin est un thème très important car notre pays a encore eu les outils nécessaires pour débattre de fond en comble. Reconnaitre ces lois qui sont assignées en matière de santé de la reproduction est une initiative à saluer. Donc le ministre est entièrement à votre disposition, vous encourage et vous félicite pour tous les travaux que vous menez en matière de société civile et autre », ajoute Robert PEGUITA.

Pour Madame FOFANA, formatrice dans cette activité, la prise en charge des victimes d’avortement clandestin par l’Etat favoriserait une pratique sécurisée. « L’avortement sécurisé c’est lorsque le collège médical constate que la vie de la femme en état de famille est en danger, ou que l’enfant court un danger à la naissance ou des risques de contamination ou d’infection grave, là on peut sécuriser l’avortement. Mais si c’est le contraire, toutes les femmes et filles d’aujourd’hui qui font la pratique de l’avortement non sécurisé, clandestin ne sont pas prises en compte par le Gouvernement. Elles sont abandonnées, victimes de toute sorte de violences. Sur ce, j’inviterai le Gouvernement à faire face à ces cas et surtout à prendre en charge ces victimes d’avortement non sécurisé», a sollicité Sanassa NABE, formatrice à la Coalition nationale de Guinée pour le Droit et Citoyenneté des femmes (CONAG- DCF).

Pour clôturer cette session, le président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne a mis l’accent sur l’éducation à tous les niveaux. Docteur Dansa Kourouma désire pour sa part que les recommandations soient suivies afin qu’elles aboutissent à des résultats escomptés. « Une fille qui a reçu une bonne éducation sexuelle est une femme mature qui sait gérer un certain nombre de choses. Quand on gère bien la sexualité en tant que jeune fille, on gère la maternité en tant que mère. Cela demande beaucoup d’efforts en matière de sensibilisation et surtout d’éducation, de notre part en tant que société civile. Mais cela demande aussi beaucoup de réformes de la part de l’Etat. Il doit y avoir un centre de référence national où on prend en charge les maladies liées à la reproduction. Ou quel que soit le niveau d’opération, qu’on n’attende pas les fonds de la Banque Mondiale, ou les fonds de l’USAID pour prendre en charge les femmes. Je souhaite que les recommandations ne se limitent pas entre les quatre murs, que ça arrive aux décideurs politiques et qu’on continue à travailler en marge du forum pour le suivi de nos propres recommandations », a-t-il conclu.

Au nom des journalistes participants, Maciré CAMARA  rassure : « nous nous engageons à mener des plaidoyers pour la vulgarisation du protocole de Maputo par les  autorités guinéennes

Hawa THIAM

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