Fête de Tabaski : la ruée vers les ateliers de couture ralentie par la galère due à la Covid-19

Ce vendredi 31 juillet, la Guinée à l’instar de la oumma islamique du monde entier célèbre la fête de Tabaski ou l’Aid El-Kébir.

En temps normal, c’est l’occasion pour les couturiers de faire assez de ‘’recettes’’. Mais avec l’existence cette année de la pandémie de Covid-19, le secteur est fortement affecté, les maitres ou maitresse des lieux n’en sont pas moins dévastés (e) car la ruée vers les ateliers de couture devient de l’histoire ancienne.

Ce que déplorent certains tailleurs que notre reporter a rencontrés.

«D’habitude, à la veille de la fête, en plus de ceux de Conakry, les clients de l’intérieur nous déposaient des habits à coudre. Cela nous permettait d’avoir de l’argent. Mais cette fois, rien ne se passe comme prévu. Les routes sont bloquées, personne n’a pu venir à Conakry. Aussi, depuis l’arrivée du coronavirus, rien ne marche chez nous dans le cadre du travail. Et pis, il est difficile de gagner la dépense pour le jour de la fête. Nous sommes confrontés à beaucoup de difficultés. Vous imaginez ! Rien ne marche avec cette pandémie, on est obligé de payer le loyer et tout ce qui s’ensuit », se plaint Thierno Madjou Bah, maître-coutumier à la commune de Dixxin.
Et d’ajouter, résigné : «Nous remercions néanmoins Dieu et les autorités de nous avoir permis d’avoir ces quelques clients qui sont venus après le communiqué du secrétariat général chargé des affaires religieuses relatif à la prière collective

Même s’il soutient que la fête de Ramadan a été plus rentable que celle de demain, Ousmane BERETE corrobore lui aussi que l’affluence est moindre « Avant, nous ne dormions plus à une semaine de la fête. On pouvait avoir des clients même la veille. Mais avec l’arrivée de cette maladie, tout tourne désormais au ralenti, les clients se font rares, tout le monde se plaint. C’est après l’autorisation de la prière collective que les clients se sont empressés de venir faire leurs tenues de prière. Et là aussi, nous ne recevons que des enfants, les grandes personnes sont rares. Nous prions Dieu de nous donner la force et les moyens de bouter cette pandémie hors de notre pays», implore  Béreté, un autre tailleur exerçant dans la commune de Ratoma, la grâce divine.

Hawa THIAM